Fracture du radius distal

Chirurgie du poignet

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Définition

La fracture du radius distal est la fracture la plus fréquente du membre supérieur, représentant environ 15 % de l'ensemble des fractures. Sa prévalence suit une distribution bimodale : chez le sujet jeune après traumatisme à haute énergie, et chez la personne âgée ostéoporotique après une simple chute sur la main.

La forme la plus classique est la fracture de Pouteau-Colles : déplacement postérieur et radial du fragment distal, donnant la déformation caractéristique en « dos de fourchette ». La fracture peut être extra-articulaire ou, dans les formes sévères, impliquer la surface articulaire radio-carpienne.

La réduction anatomique est essentielle pour préserver la fonction du poignet : une marche d'escalier articulaire résiduelle supérieure à deux millimètres est associée à un risque d'arthrose radio-carpienne secondaire.

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Diagnostic

Le diagnostic est clinique et radiographique, posé en urgence.

Symptômes
  • Douleur immédiate du poignet après chute ou traumatisme sur la main
  • Déformation visible en « dos de fourchette » (fracture de Pouteau-Colles déplacée)
  • Gonflement et ecchymose rapidement croissants
  • Impotence fonctionnelle complète du poignet
  • Doigts généralement libres (mouvements des doigts possibles)
Signes cliniques
  • Déformation clinique visible (en baïonnette et en dos de fourchette pour Pouteau-Colles)
  • Palpation douloureuse de la métaphyse radiale distale
  • Testing sensitif du nerf médian (compression fréquente dans le canal carpien après fracture)
  • Vérification de la circulation digitale (pouls radial, coloration)
  • Recherche d'une fracture associée du scaphoïde (douleur tabatière anatomique)
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Examens complémentaires

Les radiographies sont réalisées en urgence pour confirmer le diagnostic et guider le traitement.

  • 01Radiographies face + profil du poignet

    Permettent d'analyser le type de fracture (déplacement, comminution, atteinte articulaire), l'index radial, l'inclinaison radiale et la translation palmaire ou dorsale.

  • 02Scanner du poignet

    Indispensable si fracture articulaire : précise le nombre de fragments, mesure le déplacement intra-articulaire et guide la planification chirurgicale.

  • 03Radiographies des deux poignets (face)

    Comparaison controlatérale pour estimer la morphologie radiale native du patient.

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Traitement

Traitement conservateur (orthopédique)

Indiqué pour les fractures stables, peu déplacées ou bien réductibles chez le sujet peu actif.

  • Réduction sous anesthésie locale (hématome bloc) ou locorégionale si déplacement
  • Immobilisation par manchette antébrachio-palmaire, coude et pouce laissés libres, pendant quatre à six semaines selon le trait et le déplacement initial
  • Radiographies de contrôle à J1, J7 et J21 pour détecter un déplacement secondaire
  • Rééducation du poignet dès l'ablation du plâtre par kinésithérapeute spécialisé
Traitement chirurgical

Indiqué pour les fractures instables, déplacées, articulaires ou chez le patient actif.

  • Ostéosynthèse par plaque palmaire verrouillée : technique la plus utilisée, elle restaure l'anatomie du radius et autorise une mobilisation précoce
  • Réduction sous amplificateur de brillance, mise en place de la plaque par voie d'abord palmaire (Henry)
  • Immobilisation 3-4 semaines par attelle amovible, mobilisation des doigts immédiate
  • Rééducation du poignet dès J15 par kinésithérapeute main
  • Reprise du travail de bureau en quatre à six semaines, du travail manuel en trois à quatre mois
  • Chez le sujet âgé à faible demande fonctionnelle, les essais comparatifs ne montrent pas de supériorité fonctionnelle claire de la chirurgie sur le traitement orthopédique, malgré un meilleur résultat radiographique. L'indication doit donc être discutée en fonction de la demande réelle et non du seul aspect radiographique