Hallux Rigidus
Chirurgie percutanée du pied
Définition
L'hallux rigidus se définit par la présence d'une arthrose évoluée de l'articulation métatarso-phalangienne du 1er orteil (gros orteil). Il est souvent défini comme « l'arthrose du gros orteil ».
Cliniquement, cette affection se caractérise par une douleur mécanique de l'articulation, accompagnée d'une raideur progressive - d'où le terme « rigidus » - et d'une exostose (excroissance osseuse) dorsale, quasi-circonférentielle, visible à l'inspection et sur les radiographies.
Sur le plan radiologique, l'articulation métatarso-phalangienne présente un pincement de l'interligne articulaire avec des surfaces articulaires irrégulières, caractéristiques de l'arthrose.
Diagnostic
Le diagnostic est clinique et radiologique. L'examen retrouve une raideur de l'articulation métatarsophalangienne, douloureuse à la mobilisation en fin d'amplitude.
- Douleur mécanique au niveau du gros orteil, aggravée par la marche, surtout en montée et en pointe
- Raideur progressive de l'articulation métatarso-phalangienne du 1er orteil
- Bosse dorsale sur le dessus du pied au niveau du 1er métatarsophalangien
- Gêne au chaussage par conflit de l'exostose dorsale avec la chaussure
- Boiterie compensatrice pour éviter la mise en charge sur l'articulation douloureuse
- Limitation de la dorsiflexion du gros orteil, douloureuse en fin d'amplitude
- Exostose dorsale ferme et palpable à la face dorsale du 1er métatarsophalangien
- Crépitations articulaires à la mobilisation
- Radiographies de profil : pincement articulaire, ostéophytes dorsaux volumineux
- Classification de Coughlin et Shurnas selon la sévérité de l'atteinte articulaire
Examens complémentaires
Les radiographies standard sont l'examen de référence pour confirmer et classer l'hallux rigidus.
- 01Radiographies du pied de face et profil en charge
Évaluent le pincement de l'interligne métatarsophalangien, l'étendue des ostéophytes, la subluxation articulaire éventuelle. Permettent de classer la sévérité (stades I à IV).
- 02IRM du pied
Réservée aux cas où le diagnostic est douteux ou pour évaluer l'état du cartilage résiduel avant de planifier la chirurgie, notamment pour choisir entre chéilectomie et arthrodèse.
Traitement
Dans les stades débutants ou modérés, un traitement médical peut soulager les symptômes.
- Adaptation du chaussage : chaussures rigides à semelle épaisse limitant la dorsiflexion du gros orteil
- Semelles orthopédiques avec barre métatarsale pour réduire les contraintes sur l'articulation
- Anti-inflammatoires non stéroïdiens en cures courtes lors des poussées
- Infiltrations de corticoïdes intra-articulaires à visée antalgique
Le choix de la technique dépend du stade. Aux stades débutants, la chéilectomie, résection des ostéophytes dorsaux, soulage le conflit et préserve la mobilité. Aux stades évolués, l'arthrodèse métatarso-phalangienne est la technique de référence : elle supprime durablement la douleur au prix de la perte définitive de la mobilité du gros orteil, généralement bien tolérée pour la marche.
- Résection percutanée des surfaces cartilagineuses lésées et de l'exostose à la fraise wedge sous amplificateur de brillance
- Mise bout à bout des surfaces aplanies, stabilisées par une contention élasto renforcée et une micro-attelle
- Pas de fixation métallique (pas de vis ni d'agrafes)
- Contention conservée 45 jours avec contrôle radiologique au terme
- Visites intermédiaires à J15 et J30 pour réfection des bandages
- Réalisée en ambulatoire sous anesthésie loco-régionale