Gonarthrose
Chirurgie du genou
Définition
La gonarthrose est une dégénérescence du cartilage articulaire du genou. C'est l'arthrose la plus fréquente du membre inférieur, affectant des millions de personnes en France, notamment à partir de 60 ans.
Le cartilage, tissu lisse et résistant qui recouvre les surfaces articulaires du fémur, du tibia et de la rotule, s'use progressivement. Cette destruction entraîne des douleurs mécaniques, des épanchements articulaires et une raideur progressive.
L'arthrose du genou peut être uni- (médiale, latérale ou fémoro-patellaire) ou tricompartimentale. La localisation conditionne le choix du traitement chirurgical : prothèse unicompartimentale (PUC), prothèse totale de genou (PTG) ou chirurgie conservatrice de type ostéotomie.
Diagnostic
Le diagnostic est clinique et radiographique. La radiographie en charge est indispensable pour évaluer le pincement articulaire.
- Douleur mécanique du genou, aggravée à l'effort et soulagée au repos
- Gonflement du genou (hydarthrose)
- Raideur matinale ou après une période de repos (dérouillage)
- Craquements et grincements lors des mouvements
- Déformation progressive du genou en varus (jambes en parenthèses) ou en valgus (jambes en X)
- Limitation du périmètre de marche
- Épanchement articulaire (choc rotulien)
- Limitation de la flexion et/ou de l'extension complète
- Douleur à la palpation des interlignes articulaires et des rebords ostéophytiques
- Déformation axiale (varus ou valgus)
- Amyotrophie quadricipitale
Examens complémentaires
La radiographie en charge est l'examen pivot. Elle est indispensable à la planification chirurgicale.
- 01Radiographies du genou en charge
Clichés de face en charge (schuss), de profil et incidence fémoropatellaire. Évaluent le pincement articulaire, les ostéophytes, la déformation axiale et permettent de classer le stade de gonarthrose.
- 02Goniométrie en charge
Cliché panoramique en charge permettant de mesurer l'axe mécanique du membre inférieur (angle HKA) - indispensable à la planification prothétique et au choix entre prothèse et ostéotomie.
Traitement
Le traitement conservateur est la première intention. L'activité physique adaptée, le renforcement musculaire et la perte de poids en cas de surcharge pondérale sont les seules mesures ayant démontré un effet à la fois sur la douleur et sur la fonction.
- Antalgiques (paracétamol, AINS)
- Infiltration intra-articulaire de corticoïdes lors des poussées douloureuses, à effet transitoire et non répétée sans limite
- La viscosupplémentation par acide hyaluronique n'est plus remboursée en France, son service médical rendu ayant été jugé insuffisant. Les injections de plasma riche en plaquettes ne sont pas non plus prises en charge et leur bénéfice reste débattu
- Kinésithérapie : récupération des amplitudes articulaires, renforcement musculaire, vélo
- Mesures hygiéno-diététiques : perte de poids et adaptation des activités
La chirurgie prothétique est le traitement de référence des gonarthroses évoluées résistant au traitement conservateur.
- Prothèse totale de genou (PTG) : remplacement des trois compartiments articulaires
- Prothèse unicompartimentale (PUC) : remplacement d'un seul compartiment usé (médial, latéral ou fémoro-patellaire)
- Ostéotomie : chirurgie conservatrice visant à restaurer l'axe du membre pour soulager les douleurs et limiter l'évolution de l'arthrose
- Anesthésie générale ou rachianesthésie associée à une anesthésie loco-régionale, durée 60-90 minutes
- Hospitalisation 2 à 4 jours avec mise en charge immédiate postopératoire
- Retour à la marche sans aide en quatre à six semaines, résultat définitif entre six et douze mois
- Le résultat d'une prothèse de genou est moins constant que celui d'une prothèse de hanche : une gêne résiduelle ou une sensation de genou non naturel persiste chez une part non négligeable des opérés, ce qui doit être expliqué avant l'intervention