Fracture du coude
Chirurgie du coude
Définition
La fracture du coude désigne une fracture de l'une des structures osseuses composant l'articulation : l'olécrane (extrémité supérieure du cubitus), la tête radiale (extrémité supérieure du radius) ou l'humérus distal (palette humérale). La fracture de la tête radiale est la plus fréquente.
Ces fractures résultent généralement d'une chute sur la main bras tendu, par mécanisme indirect, ou d'un choc direct sur le coude. Les fractures de la tête radiale sont décrites par la classification de Mason : non déplacée (type I), déplacée d'un fragment (type II), comminutive (type III). Les fractures de l'olécrane et de la palette humérale relèvent de classifications distinctes.
La complication principale est la raideur du coude. Une rééducation précoce et bien conduite est donc fondamentale pour récupérer les amplitudes articulaires.
Diagnostic
Le diagnostic est suspecté devant un traumatisme du coude et confirmé par l'imagerie.
- Douleur intense et aiguë survenant immédiatement après le traumatisme
- Grande difficulté à mobiliser le coude, en particulier en extension complète
- Gonflement (œdème) rapide du coude
- Possibilité de déformation visible en cas de fracture déplacée
- Engourdissement ou sensation de picotements dans l'avant-bras ou la main
- Douleur exquise à la palpation du site fracturaire
- Évaluation de la mobilité résiduelle (prudente, sans forcer)
- Recherche de lésions ligamentaires associées par des tests de stabilité
- Examen vasculonerveux en aval : pouls radial, sensibilité et motricité des doigts
Examens complémentaires
La radiographie est l'examen de première intention. Le scanner est utile pour les fractures complexes.
- 01Radiographies standard
Plusieurs incidences pour visualiser le trait de fracture et détecter un épanchement articulaire (signe du coussinet graisseux).
- 02Scanner (TDM)
Indispensable pour les fractures complexes : précise le nombre de fragments, leur déplacement et aide à planifier la chirurgie.
- 03IRM
Rarement nécessaire, indiquée en cas de suspicion de lésions ligamentaires ou tendineuses associées non visibles en radiographie.
Traitement
Indiqué pour les fractures non déplacées ou peu déplacées (Mason I et certaines Mason II stables).
- Immobilisation antalgique courte : quelques jours par écharpe pour une fracture de tête radiale non déplacée, deux à trois semaines pour une fracture de l'olécrane non déplacée. Au coude, une immobilisation prolongée est la première cause de raideur définitive
- Traitement antalgique et anti-inflammatoire
- Surveillance radiologique régulière de la consolidation
- Mobilisation active précoce, débutée dès que la douleur le permet et sans attendre la consolidation radiographique complète
- Kinésithérapie sans mobilisation passive forcée, celle-ci favorisant les ossifications péri-articulaires
Indiqué pour les fractures déplacées (Mason II instables et Mason III) nécessitant une réduction anatomique.
- Ostéosynthèse : réduction et fixation des fragments par plaques, vis ou haubanage (surtout pour l'olécrane)
- Prothèse de tête radiale : en cas de fracture comminutive non reconstructible, remplacement par un implant métallique
- Réparation des lésions ligamentaires et des tissus mous associés
- Mobilisation précoce progressive après la chirurgie pour limiter la raideur - complication la plus fréquente