Prothèse totale de hanche (PTH)
Chirurgie de la hanche
Indications
La prothèse totale de hanche (PTH) est indiquée pour le traitement chirurgical des coxarthroses (primitives ou secondaires) évoluées résistant au traitement médical bien conduit, de la nécrose avasculaire de la tête fémorale avec effondrement, et de certaines fractures du col du fémur.
La décision opératoire repose avant tout sur la gêne réelle du patient dans la vie quotidienne : douleur, limitation de la marche, difficulté à mettre ses chaussures ou ses chaussettes, et impact sur la qualité de vie.
Le bilan préopératoire comprend un examen clinique complet, des radiographies du bassin et de la hanche, ainsi qu'une planification prothétique permettant d'anticiper la taille et le positionnement des implants.
Préparation à l'intervention
La préparation à la PTH est multidisciplinaire. Elle inclut une consultation d'anesthésie préopératoire obligatoire, un bilan biologique, et un protocole de renforcement musculaire préopératoire (préhabilitation).
- Radiographies de mesure pour planning préopératoire
- Consultation dentaire (traitement des foyers infectieux dentaires)
- Prise de sang (NFS, coagulation, groupe sanguin)
- Dépistage nasal des pathologies infectieuses (SARM)
- Consultation d'anesthésie (obligatoire)
- Consultation de cardiologie selon les pathologies préexistantes
- Renforcement du quadriceps et des abducteurs de hanche
- Apprentissage de la marche avec béquilles
- Aménagement du domicile (tapis, obstacles)
- Organisation du retour à domicile ou séjour en soins de suite
Déroulement de l'intervention
La PTH est réalisée sous anesthésie rachidienne ou générale. L'intervention remplace la tête fémorale par une tige et une tête prothétique, ainsi que le cotyle par une cupule implantée dans le bassin.
- Installation du patient (décubitus latéral ou dorsal selon la voie d'abord)
- Voie d'abord antérieure ou postérieure selon la planification
- Résection du col fémoral et préparation de la cavité acétabulaire
- Mise en place de la cupule acétabulaire (ciment ou sans ciment)
- Mise en place de la tige fémorale et du col prothétique
- Réduction et vérification de la stabilité et de l'amplitude articulaire
- Fermeture par plans anatomiques
- Voie antérieure : passage entre les muscles, sans section tendineuse, avec un risque de luxation plus faible et moins de consignes de posture. Elle expose à une atteinte du nerf cutané latéral de la cuisse, source d'engourdissement de la face externe de cuisse, souvent transitoire
- Voie postérieure : exposition large, utile dans les anatomies difficiles et les reprises. Elle impose des consignes de posture les premières semaines pour prévenir la luxation
- Il n'existe pas une voie idéale pour tous les patients ; le choix dépend de l'anatomie, de la pathologie et de l'expérience du chirurgien
60 à 90 minutes
Rachianesthésie ou anesthésie générale
2 à 4 jours
Résultats et récupération
La prothèse totale de hanche est l'une des interventions dont le bénéfice fonctionnel est le mieux documenté. La douleur arthrosique disparaît chez la grande majorité des patients et le périmètre de marche s'améliore nettement.
La récupération est progressive : la marche s'améliore en quelques semaines, mais la récupération complète demande entre 6 mois et un an. La disparition des douleurs arthrosiques est souvent rapide, tandis que la récupération musculaire et la confiance s'installent progressivement.
Comme toute chirurgie, la PTH comporte des risques : infection, hématome, phlébite ou embolie pulmonaire, luxation, inégalité de longueur des membres, raideur, douleurs persistantes, puis à distance fracture péri-prothétique, descellement ou usure des implants.
- Appui autorisé immédiatement avec l'aide de cannes dès le lendemain de l'intervention
- Autonomie complète (marche sans aide) en 4 à 6 semaines
- Arrêt de travail : quelques semaines pour un travail sédentaire, 3 mois pour un métier physique
- Reprise de la conduite automobile en quelques semaines (selon récupération musculaire)
- Récupération complète en 6 mois à 1 an
- Kinésithérapie de rééducation pendant 2 à 3 mois