Résection de l'extrémité latérale de la clavicule
Chirurgie de l'épaule
Indications
L'arthrose acromio-claviculaire est très fréquente après quarante ans et le plus souvent asymptomatique. Une image d'arthrose sur une radiographie ou une IRM ne constitue donc pas, à elle seule, une indication opératoire.
La résection n'est retenue que si la douleur est bien localisée à l'articulation acromio-claviculaire, reproduite à la palpation et par les manœuvres d'adduction horizontale, et si elle persiste après un traitement médical bien conduit associant antalgiques, adaptation des activités et infiltration test.
Le soulagement obtenu par l'infiltration de l'articulation acromio-claviculaire sous contrôle échographique est l'argument diagnostique le plus utile avant de poser l'indication.
Les autres indications sont les séquelles douloureuses de disjonction acromio-claviculaire et l'ostéolyse de l'extrémité latérale de la clavicule du sportif de force.
Préparation à l'opération
Le geste est fréquemment associé à une autre chirurgie arthroscopique de l'épaule, ce qui conditionne les suites.
- Radiographies avec incidence acromio-claviculaire dédiée
- IRM pour rechercher une pathologie associée de la coiffe, source fréquente de confusion diagnostique
- Infiltration test de l'articulation acromio-claviculaire, dont l'effet antalgique conforte l'indication
- Consultation d'anesthésie, bloc interscalénique le plus souvent
- Prévoir un accompagnant pour le retour à domicile, l'intervention se faisant en ambulatoire
Technique chirurgicale
L'intervention est réalisée sous arthroscopie. Quelques millimètres de l'extrémité latérale de la clavicule sont réséqués afin de supprimer le conflit douloureux avec l'acromion, en préservant les ligaments coraco-claviculaires et la chape supérieure qui assurent la stabilité de la clavicule.
- Arthroscopie sous-acromiale, plus rarement voie directe supérieure
- Bursectomie pour exposer la face inférieure de l'articulation acromio-claviculaire
- Résection à la fraise motorisée de l'extrémité latérale de la clavicule, de l'ordre de cinq à huit millimètres
- Résection régulière sur toute la hauteur, de la face inférieure à la face supérieure, en évitant tout conflit résiduel postérieur
- Préservation des ligaments coraco-claviculaires et du ligament acromio-claviculaire supérieur
- Une résection excessive expose à une instabilité douloureuse de l'extrémité claviculaire
- Vérification dynamique de l'absence de contact résiduel entre clavicule et acromion en adduction horizontale
Environ 20 à 30 minutes pour le geste isolé
Anesthésie locorégionale (bloc interscalénique)
Ambulatoire
Résultats et récupération
Lorsque l'indication repose sur une douleur bien localisée et un test d'infiltration positif, le soulagement est obtenu chez une large majorité de patients.
Les échecs s'expliquent le plus souvent par une erreur d'indication, la douleur provenant en réalité de la coiffe des rotateurs ou du rachis cervical, ou par une résection insuffisante laissant persister un contact osseux.
Une instabilité douloureuse par résection trop étendue ou par lésion des ligaments stabilisateurs est plus rare mais difficile à traiter.
- Écharpe de confort quelques jours, sans immobilisation stricte lorsque le geste est isolé
- Mobilisation active immédiate, l'adduction horizontale forcée étant évitée trois à quatre semaines
- Reprise des activités quotidiennes en une à deux semaines
- Reprise du travail entre deux et six semaines selon la profession
- Reprise du renforcement et des sports de force vers trois mois
- En cas de réparation de coiffe associée, les délais sont ceux de la réparation tendineuse